50 Years of IToY – 1993 VOLVO FH
Le Volvo FH a permis au constructeur suédois de remporter un quatrième titre sans précédent, réduisant à néant les espoirs d’Iveco de décrocher une troisième victoire consécutive en 1994.
Lorsque Volvo a présenté la nouvelle gamme FH en septembre 1993, les chances d’une nouvelle victoire pour Göteborg étaient déjà très élevées et, fidèle à sa réputation, le FH a obtenu 74 voix, contre 46 pour le vaisseau amiral Iveco EuroStar et 18 pour les DAF Série 75/85.
Cette toute nouvelle famille de poids lourds se distinguait par une ingénierie innovante, un haut niveau de sécurité et de confort pour le conducteur, ainsi que par des performances et des qualités d’exploitation particulièrement appréciées tant par les jurés que par les transporteurs.
Lorsque les véhicules furent officiellement lancés, ils semblaient déjà presque familiers tant les essais de préproduction avaient été poussés pour un projet dont les grandes lignes avaient été finalisées dès 1988.
Le FH reposait sur un nouveau châssis plus large, construit à partir d’un alliage d’acier à haute limite d’élasticité, choisi pour sa stabilité sans le traditionnel « effet ressort » des aciers à haute résistance conventionnels, avec des longerons plus profonds et plus épais pour les applications les plus lourdes. Une nouvelle suspension parabolique « S Spring » fut introduite sur les essieux moteurs simples, améliorant le confort par rapport aux suspensions à lames en acier, tandis que des suspensions multifeuilles traditionnelles ou pneumatiques restaient également disponibles.
Le nouveau moteur D12A de 12 litres représentait une avancée majeure. Il avait été conçu en tenant compte des futures normes environnementales et était équipé d’injecteurs-pompes électroniques à très haute pression. Afin d’améliorer davantage la chambre de combustion, un arbre à cames en tête fut adopté, rompant avec la tradition Volvo des culasses individuelles sur les moteurs de forte cylindrée. Cette évolution nécessita le développement d’une nouvelle culasse, la plus complexe jamais réalisée par la fonderie Volvo. Développant 340 ch, 380 ch ou 420 ch, ces moteurs disposaient de quatre soupapes par cylindre, d’une importante capacité de refroidissement et de têtes de pistons en acier forgé capables de supporter les plus fortes pressions et charges thermiques.
La gamme FH comprenait également le FH16. Bien que ce modèle plus puissant ne bénéficie pas d’un moteur entièrement nouveau, son bloc de 16 litres évolua pour devenir le D16A, avec une gestion électronique de l’injection et une nouvelle puissance de 520 ch, aux côtés d’une version développant 470 ch.
Deux nouvelles boîtes de vitesses à 14 rapports furent introduites : la SR 1900 à 14 vitesses était proposée sur le FH12 420, tandis que la SRO 2400 équipait le FH16 520. Tous les FH12 pouvaient également recevoir en option le système Geartronic à commande électronique.
La toute nouvelle cabine du FH fut elle aussi largement saluée. Elle avait été développée selon un cahier des charges exigeant qu’elle puisse convenir à de multiples applications, et pas uniquement au transport longue distance européen. Dans cette logique, la cabine était montée en position haute afin de permettre l’installation d’un radiateur sous le plancher suffisamment grand pour les moteurs les plus puissants, tout en laissant le passage nécessaire aux conduits d’admission d’air afin de conserver un arrière de cabine dégagé pour le carrossage des porteurs. En conséquence, un plancher plat fut abandonné, mais la cabine Globetrotter à toit haut offrait davantage d’espace que les versions couchette standard ou cabine de jour pour ceux qui en avaient besoin. La cabine était réalisée en acier galvanisé et proposée en trois niveaux de finition : standard, C ou CD, cette dernière bénéficiant notamment d’une sellerie en cuir.
Avec le recul, certains Camions de l’Année apparaissent plus marquants que d’autres, et le Volvo FH, à l’image de l’EuroCargo de 1991, fut suffisamment emblématique pour donner naissance à un nom de gamme qui perdure encore aujourd’hui.
Texte original : Will Shiers Adaptation française : Fabien Calvet Photos : Richard Stanier
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