Une immersion privilégiée dans l’univers du convoi exceptionnel
Avoir le privilège de prendre le volant d’un tel engin est, pour moi, une expérience à part. Yannick Aimé, mon hôte du jour, m’a offert l’opportunité de réaliser cette prise en main exceptionnelle. Et le terme est parfaitement choisi, car il s’agit ici d’une véritable immersion dans l’univers très spécifique du convoi exceptionnel. Un monde passionnant, animé par des professionnels passionnés, amoureux de leur métier et du beau matériel. Autant dire qu’en la matière, je suis particulièrement bien servi. Le tracteur du jour est tout simplement le fleuron de la marque suédoise : un Volvo FH16 dernière génération, en configuration 8x4, développant 780 chevaux. Le plus gros de la gamme, équipé du tout nouveau moteur D17.
Le D17 : plus gros, plus fort, plus efficace
Développé sur la base du D16, ce 6 cylindres en ligne D17 affiche désormais une cylindrée de 17,3 litres, contre 16,1 litres auparavant. Cette augmentation est obtenue grâce à un alésage porté de 144 à 149 mm, la course restant inchangée à 156 mm.
Côté conception, Volvo reste fidèle à ses fondamentaux :
• mono-culasse • 4 soupapes par cylindre • un gros turbo à simple effet • et bien sûr, le système EGR, toujours bien visible sur ce moteur imposant.
Le D17 est proposé en 600, 700 et 780 ch, avec des couples respectifs de 3 000, 3 400 et 3 800 Nm. Il bénéficie également de la dernière évolution du frein moteur VEB+, offrant une puissance de retenue impressionnante de 525 kW à 2 200 tr/min.
Sur notre camion d’essai, inutile de préciser que c’est la version la plus musclée qui se cache sous la cabine : 780 ch et 3 800 Nm de couple. Autant dire qu’il y a de quoi faire
Un ensemble à plus de 117 tonnes
Et il va en falloir du couple et de la puissance, car le colis du jour est loin d’être anodin : une dragline Sennebogen, une machine allemande affichant plus de 70 tonnes sur la bascule. Avec un tel chargement, notre poids total roulant dépasse les 117 tonnes. Pour transporter cette machine, Yannick a opté pour une remorque modulaire Faymonville VarioMax, à plateau extra-surbaissé, en configuration 3+5. La poutre centrale extensible et ses plateaux de chargement offre une vraie polyvalence. Comme ici pour notre convoi du jour avec des engins à chenilles, le plateau dit « à cheval », offre une garde au sol minimale.
Notez au passage que cette remorque affiche une capacité de charge maxi de 136 tonnes dans sa version 3+5. Autre point fort : les essieux pendulaires indépendants de 13 tonnes, spécialement conçus pour les itinéraires routiers mais également les évolutions sur terrains difficiles. Leur mouvement pendulaire permet une répartition optimale des charges, tout en conservant une surface de chargement parfaitement horizontale. Sur les petites routes, sur les voies rapides comme sur les zones difficiles des sablières où nous sommes, l’ensemble n’a jamais bronché.
Premiers tours de roues à vide
Comme lors de toutes mes immersions en entreprise, je commence cette prise en main sur le siège passager. Sur le trajet à vide vers le site de chargement, Yannick est au volant et m’explique les bases. Un passage indispensable, car je sors clairement de ma zone de confort. Avec un ensemble de 26 mètres de long, les premiers tours de roues sont forcément impressionnants. Mais lorsque vient mon tour de prendre le volant, je découvre rapidement un ensemble d’une étonnante facilité de conduite. Les essieux directionnels de la remorque font merveille.
La manœuvre la plus délicate reste une longue marche arrière dans une zone étroite pour positionner mon ensemble afin de charger la machine à transporter. Pourtant, guidé par les voitures pilotes et grâce à la télécommande de direction de la remorque, je me gare presque aussi simplement qu’avec une citadine sur un parking de supermarché. Dans la famille Aimé, le convoi exceptionnel est une affaire de génération. Guillaume, le fils, me guide au millimètre avec un œil redoutable de précision. Pour le chargement, la partie avant de la remorque est désaccouplée afin de faciliter l’accès de la machine. Une fois la Sennebogen parfaitement centrée, la poutre centrale est remise en place, le chaînage effectué, la signalisation installée : nous sommes prêts à partir.
En charge : le FH16 780 montre toute sa force
Les premiers kilomètres en charge sont une nouvelle fois effectués par Yannick afin de me donner les consignes en conditions réelles. Puis vient mon tour. L’excitation est bien là : près de 120 tonnes sur la bascule, 26 mètres de long et 3,40 m de large. Premier constat impressionnant : le décollage de la charge en toute souplesse.
Le camion est équipé de la transmission Ultra Low Crawler, parfaitement adaptée au transport lourd. Elle permet de transmettre tout le couple sans risquer de faire souffrir l’embrayage, tout en évitant le surcoût d’un convertisseur de couple. La boîte est d’une douceur et d’une efficacité remarquables. En charge, la vitesse réglementaire de croisière est fixée à 50 km/h, largement suffisante tant l’ensemble évolue avec facilité.
Précision, confort et technologie
En zone urbaine et dans les ronds-points, le travail d’équipe est essentiel. À l’avant, Ludo sécurise le passage, pendant que Guillaume, derrière, me guide précisément, car l’arrière de la remorque reste hors de mon champ de vision. Le convoi exceptionnel est avant tout une aventure collective. Côté confort, ce FH16 8x4 surprend agréablement. Malgré son gabarit, il se révèle extrêmement confortable, notamment grâce à la suspension pneumatique intégrale et à la Volvo Dynamic Steering (VDS), réglable selon les préférences du conducteur. Le ralentisseur VEB+, associé au ralentisseur secondaire, sont eux aussi des alliés indispensables avec ces gammes de tonnages. Ici, anticipation et souplesse sont les maîtres mots et au volant de ce Volvo je suis à la bonne place.
Performance et sobriété
Malgré des températures extérieures proches des 45 °C en ce mois d’Août, le refroidissement n’a jamais faibli. A la commande de ce nouveau camion, Yannick a opté pour un rapport de pont plus long (4,55), permettant au moteur d’évoluer à environ 1 200 tr/min, pile dans la zone de rendement optimal.
Résultat : une baisse de consommation proche de 20 l/100 km sur des missions similaires, pas de doutes, le nouveau D17 se montre également plus sobre que l’ancien D16. Un chiffre hallucinant sachant que malgré tout nous sommes ici aux alentours des 70 à 80 litres de gasoil aux 100 kilomètres. Autre surprise : l’utilisation fréquente de l’Eco-Roll, même à 120 tonnes. Une technologie étonnante, mais redoutablement efficace, tant l’inertie joue en faveur de l’ensemble. Perso, je n’aurais jamais cru que le système soit aussi efficace sur un tel convoi.
Un essai gravé dans ma mémoire
Avant de conclure cette prise en main sur laquelle je pourrais écrire des heures, je vous invite à découvrir la vidéo disponible sur l’application TruckStop. Vous verrez à quel point cet ensemble est impressionnant et surtout agréable à conduire. Volvo confirme ici son statut de référence dans le monde du convoi exceptionnel. Après une telle expérience au volant, on comprend mieux pourquoi les camions suédois sont si plébiscités dans ce milieu exigeant.
Je tiens à remercier chaleureusement Yannick et toute son équipe pour l’accueil et les conseils lors de cet essai si particulier. Me confier un ensemble avoisinant les 850 000 € est une preuve de confiance exceptionnelle. Une confiance qui me permet aujourd’hui de partager avec vous cette passion du transport, de la route et du beau matériel. À très vite pour de nouvelles immersions en entreprise, car c’est bien ça, l’ADN de TruckStop.fr : être à vos côtés pour mettre en lumière les savoir-faire du transport Made in France.
Texte : Fabien Calvet Photos : Fabien Calvet et Xavier Martin