DAF passe à l’électrique : trois camions, trois philosophies, une même énergie !
L’électrique, enfin chez DAF
Au programme de cette journée découverte à Eindhoven : trois modèles, trois usages, trois philosophies de transport. Du tracteur XF 350 kW, taillé pour la distribution régionale, au porteur 4x2 dans sa version XD 270 kW plus polyvalent, jusqu’au petit porteur XB 190 kW pour la logistique urbaine pure. Trois camions, trois mondes, mais une même conclusion : DAF n’a pas raté son virage électrique.
DAF XF Electric : la puissance linéaire
Premier camion de la journée, le XF Electric. Sous son air familier, on découvre un châssis bien connu, repris des versions thermiques, mais animé par un ensemble moteur-boîte ZF de 350 kW (environ 475 ch) et 2400 Nm de couple.
La configuration essayée : un tracteur 4x2 avec une semi “city longue” à deux essieux directeurs. Cinq packs de batterie permettent de 400 à 500 km d’autonomie suivant l’utilisation et la charge à déplacer, un chiffre qui colle parfaitement aux besoins d’une flotte de distribution régionale.
Dès les premiers mètres, la différence saute aux yeux — ou plutôt au pied. Le démarrage est instantané, fluide, sans rupture de charge. Les trois rapports de la transmission passent en douceur, invisibles au conducteur. En Hollande, vu le relief, pas besoin du premier rapport, réservé aux fortes pentes. Ici clairement nous n’utilisons uniquement le deuxième et troisième rapport mais sans vraiment de perception au volant.
Sur route, le XF Electric surprend par sa souplesse et son silence relatif. Le bruit de fond n’a rien de gênant : un léger sifflement qui permet de ressentir tout de même un poil son camion, ce qui n’est pas pour me déplaire. Quoi qu’il en soit, la conduite d’un véhicule électrique devient zen, sans à-coups, sans embrayage, avec cette force tranquille typique à ce mode de propulsion.
Côté technique, DAF reste fidèle à sa logique pragmatique : pas d’architecture exotique, pas d’eAxle comme chez Mercedes, mais un châssis classique électrifié. Résultat : la transition pour les chauffeurs et les ateliers sera simple. On garde les repères du DAF thermique, mais sans gasoil.
Et sur les routes hollandaises, entre ronds-points et nationales, la magie de la régénération opère. Trois niveaux de freinage permettent de doser la récupération d’énergie. En ville, il suffit d’anticiper : relâcher, laisser glisser, ralentir sans jamais toucher au frein. Le camion recharge tout seul. C’est une autre manière de conduire, plus coulée, plus intelligente.
DAF XD Electric : la juste mesure
Deuxième essai, le DAF XD Electric, un porteur 4x2 de 19 tonnes, chargé ici à 18,1 t. Le même groupe motopropulseur ZF, mais décliné en 270 kW (370 ch). Même philosophie : puissance linéaire, couple immédiat, confort de conduite bluffant.
Dès les premiers tours de roue, on oublie le poids. Le camion se manie avec une facilité déconcertante, presque comme une grosse voiture. Le “one-pedal drive” — ce mode où l’on accélère et relâche pour freiner automatiquement — s’avère redoutable d’efficacité. En circulation urbaine, c’est la fonction idéale : on roule, on relâche, le camion ralentit et recharge. À la clé : moins de stress, moins de fatigue, moins d’usure mécanique et surtout un rayon d’action optimisé.
L’ambiance à bord est typiquement DAF : ergonomie du poste de conduite exemplaire, confort au top, visibilité large. Le constructeur met en avant sa nouvelle rétrovision par caméras, et notamment le système Corner View, un rétroviseur d’angle qui élimine les angles morts avant et latéraux. Dans un pays comme les Pays-Bas, où les vélos sont partout, ce n’est pas un gadget : c’est un atout sécurité majeur.
En ville, le XD se faufile, précis et stable. Sur route, il garde le cap sans effort. Son autonomie, avec cinq packs, dépasse les 500 km, mais là encore, chaque client pourra ajuster selon son usage. DAF le dit clairement : mieux vaut adapter la capacité batterie au profil de mission. Moins de packs = moins de poids, moins cher, plus de charge utile.
Le XD Electric représente sans doute le cœur de gamme : un camion rationnel, efficient, prêt pour les tournées urbaines ou interrégionales, capable de travailler sans compromis. Et surtout, une prise en main naturelle : on s’y sent tout de suite à l’aise, sans période d’adaptation.
DAF XB Electric : l’esprit du LF, version branchée
Dernier de la série, le DAF XB 190 kW, destiné aux livraisons urbaines. Avec ce camion on retrouve la base du DAF LF, avec notamment sa fameuse cabine produite à Blainville (14) et commune au constructeur français Renault trucks. Ici, un moteur d’une puissance de 190 kW (260 ch), un couple de 1850 Nm, et deux packs batteries pour 250 à 300 km d’autonomie.
Mais la grande différence, c’est la chaîne cinématique signée Dana (et non ZF), avec transmission directe sans boîte de vitesses. Résultat : une réponse immédiate, un comportement doux, très prévisible. On roule sans à-coups, en silence, et toujours avec ce couple instantané qui fait le charme de l’électrique.
À bord, on sent bien qu’on est sur une génération précédente : commandes plus simples, pas d’écran central, rétroviseurs classiques. Mais tout est fonctionnel. L’accessibilité est exemplaire : on monte et on descend en un pas, parfait pour les tournées à arrêts multiples.
Le XB, c’est le camion du dernier kilomètre, celui qu’on verra dans les centres-villes, les zones piétonnes, les livraisons de magasins. Pas besoin de 500 km d’autonomie : 250 km suffisent largement. Et comme il pèse moins lourd, il embarque plus de charge utile et coûte moins cher.
Seul regret : en revenant du XD équipé du Corner View, on mesure la différence. Les rétros classiques paraissent massifs, gênants, et la visibilité latérale moins rassurante. Mais pour le reste, le XB fait parfaitement le travail. Un outil simple, robuste, efficace.
Au volant, un vrai DAF
Que l’on monte dans le XF, le XD ou le XB, une chose ne change pas : l’esprit DAF. Le constructeur a tenu à préserver l’identité de ses cabines : mêmes volumes, mêmes matériaux, même confort. Seuls quelques détails rappellent qu’on est dans un monde électrique : un liseré bleu sur la planche de bord, un cadran d’énergie au lieu du compte-tours, et un silence qui change tout.
Le ressenti, lui, reste fidèle à la marque : position de conduite parfaite, commandes intuitives, instrumentation claire. On retrouve ce mélange de simplicité et de modernité qui fait la force des DAF de nouvelle génération. Et pour les conducteurs, la transition sera naturelle.
Un pari réussi
DAF a pris son temps pour arriver sur le marché électrique, mais c’était pour faire les choses bien. Le constructeur ne s’est pas précipité. Il a observé les pionniers, corrigé les défauts, et arrive aujourd’hui avec une gamme complète et cohérente.
Le XF pour le régional, le XD pour la distribution, le XB pour l’urbain : trois réponses concrètes, prêtes à travailler.
Pas de révolution, pas de concept-car, mais du matériel réaliste, pragmatique, immédiatement exploitable.
Bien sûr, il faudra adapter les plannings, organiser les recharges, repenser la logistique. Mais sur le terrain, ces DAF électriques roulent comme de vrais camions, pas comme des prototypes. Ils sont confortables, performants, faciles, et surtout, disponibles.
Conclusion : DAF branche le concret
Trois camions, trois usages, un constat : DAF entre dans l’ère électrique par la grande porte.
Le constructeur néerlandais n’a pas voulu être le premier, mais il risque d’être celui qui convaincra le plus de transporteurs. Parce que ses camions électriques ne demandent pas de réapprendre le métier : ils prolongent simplement ce que DAF sait déjà faire mieux que beaucoup : des véhicules efficaces, robustes et agréables à conduire.
Sur route comme en ville, ces nouveaux modèles prouvent que l’électrique, ce n’est plus une utopie. C’est désormais une réalité… et chez DAF, une réalité prête à bosser.
La Galerie photos







