50 ans de l’ITOY – 1981 : Leyland T45
Le cinquième International Truck of the Year a offert une deuxième victoire à la Grande-Bretagne grâce au Leyland T45. Mais contrairement au Seddon Atkinson vainqueur en 1977, sélectionné par Pat Kennett, le jury était désormais composé de représentants de dix pays d’Europe occidentale.
L’année 1980 avait été particulièrement riche en nouveautés dans le secteur du poids lourd, et la victoire du Leyland s’est jouée avec seulement deux points d’avance face à une concurrence de haut niveau composée du Fiat 170, du Volvo F12F et du Mercedes-Benz 1628.
La capacité du Leyland à « apporter une contribution majeure à l’efficacité du transport routier de marchandises » s’expliquait par la combinaison de sa nouvelle cabine, de ses bonnes performances en exploitation dans les premières flottes, de sa facilité d’entretien, de sa fiabilité ainsi que de sa « conception mécanique particulièrement équilibrée ».
Présenté officiellement en février 1980, le Roadtrain – nom donné à la version tracteur du T45 – remplaçait le Leyland Marathon, conçu comme un modèle de transition. Dans sa première version, le 16.28, il conservait d’ailleurs le moteur et le pont arrière de son prédécesseur.
La nouvelle cabine moderne fut dessinée par Bill Lowe, stylisée par Tom Karen et son équipe du cabinet Ogle Design, puis fabriquée par Motor Panels (Coventry).
Baptisée C40, cette cabine reposait sur une véritable cohérence stylistique : poignées de portes, ouvertures de calandre, logements de tableau de bord et motifs du tapis de sol reprenaient tous le même langage esthétique, offrant un design harmonieux et non agressif. Une attention toute particulière avait également été portée à l’aménagement intérieur, aux couleurs et aux matériaux utilisés.
La cabine présentait de nombreux avantages pratiques. Son aérodynamique permettait notamment de revendiquer une réduction de 30 % de la traînée par rapport aux autres cabines européennes de largeur totale de l’époque. Conçue selon un système modulaire complet, elle pouvait être déclinée en trois hauteurs, deux largeurs et trois longueurs.
Contrairement au Marathon, le projet T45 bénéficia d’un financement conséquent, malgré les importants besoins financiers de la division automobile en difficulté de British Leyland. Ce nouveau camion représentait l’aboutissement d’un vaste programme de rationalisation de la gamme poids lourd engagé depuis près de dix ans.
Une toute nouvelle usine, la Leyland Assembly Plant, fut construite en 1979 afin de permettre le lancement de la production à grande échelle dès 1980.
Le premier Roadtrain 16.28 constituait néanmoins un choix de lancement quelque peu surprenant. Il était proposé avec une cabine basse en version courte et un seul moteur disponible : le Leyland TL12 de 12,47 litres développant 281 ch.
Le choix d’une boîte de vitesses Spicer SST10 à 10 rapports, en remplacement de la très répandue Fuller Roadranger, principalement pour des raisons de coût et de poids, suscita également de nombreuses interrogations.
À la mi-1980, les moteurs Cummins NT250 et Rolls-Royce 265L vinrent enrichir la liste des options, rapidement suivis par la cabine haute à couchette complète, proposée dans un premier temps avec le moteur TL12.
Au début de l’année 1981, les versions à cabine haute étaient déjà commercialisées sur le continent européen, où elles étaient équipées de la transmission Fuller. À la fin de cette même année, les clients britanniques purent également commander ces modèles avec le très apprécié moteur Cummins E290.
Le Roadtrain était probablement le bon camion… mais il arriva au pire moment. L’année 1981 fut marquée par un effondrement catastrophique du marché des poids lourds, compliquant fortement l’amortissement des importants coûts de développement.
Le camion ne parvint jamais à exploiter pleinement son potentiel sur le marché européen. En revanche, il devint l’un des piliers du transport routier britannique tout au long des années 1980.