Constat à l’amiable !
Dès le départ, la spéciale se déroule sur un rythme d’enfer. Difficile de croire que tout ce beau monde s’engage pour plus de 400 kilomètres de secteur sélectif. Les gros passages de dunes s’enchaînent, le paysage est tout simplement magique. Les camions jouent à saute-mouton et, au fil de l’avancement, c’est un coup je te vois, un coup tu disparais au creux d’une dune. Comme des bateaux dans une forte houle, ces monstres du désert jouent à cache-cache dans le sable.
Macík, Loprais, van den Brink, Žala… tous les leaders se tiennent dans un mouchoir de poche. Même si la navigation reste un élément clé dans cette mer de sable, tout le monde suit correctement la trace. Jusqu’au kilomètre 80.
À ce moment-là, Alès Loprais se retrouve en difficulté sur le franchissement d’une dune. Il effectue une petite marche arrière au fond de celle-ci… et là, c’est le choc. Lancé à pleine vitesse, Martin Macík n’aperçoit pas son compatriote arrêté dans le creux et vient percuter l’autre IVECO.
Un véritable constat à l’amiable en plein désert ! L’improbable vient de se produire. Comme un accident sur circuit, alors que les camions évoluent aux coudes à coudes, les deux IVECO se retrouvent encastrés l’un dans l’autre. Bilan : carrosserie sévèrement endommagée pour Loprais, avec en prime un pneu arrière gauche crevé. Pas mieux pour Macík, qui repart avec un capot avant détruit, un pare-brise explosé et un pneu avant droit hors service.
Les deux protagonistes parviennent rapidement à se dégager, mais il faut effectuer des réparations de fortune pour rejoindre le bivouac, d’autant que la spéciale est encore longue. Ce rebondissement profite finalement à un seul homme : Mitchel van den Brink. Journée parfaite pour le leader, qui termine cette 8e étape en tête et conforte son leadership au classement général après un coude à coude époustouflant avec Zala. Il dispose désormais de 38 minutes d’avance sur Žala et de plus de 50 minutes sur Macík. Clairement, le rallye vient de prendre une nouvelle tournure.
La stratégie est désormais limpide : van den Brink va sans doute gérer, tandis que pour Macík et Loprais, les prochains jours se joueront le couteau entre les dents. Celui qui impressionne par sa régularité, c’est Žala. Le Lituanien confirme étape après étape tout son potentiel. Il est clairement l’outsider de cette édition 2026 et, croyez-moi, il pourrait bien jouer son va-tout très prochainement. Pour seulement sa deuxième saison au volant d’un camion, lui qui vient du monde de l’auto, il se montre rapide, propre et constant. Sa deuxième place du jour, à seulement cinq minutes de van den Brink, en est la meilleure preuve.
Autre fait marquant de cette 8e étape : l’excellente prestation du clan MKR. Les Renault Trucks de la famille Huzink brillent avec une 4e place pour Gerd et une 5e pour son neveu Kay. À la 6e position, on retrouve finalement Loprais, qui laisse plus de 25 minutes dans sa mésaventure et sans doute une grande partie de ses espoirs de victoire finale. Il pointe désormais au 4e rang du général, à plus d’une heure du leader. Autre grand perdant du jour, même s’il garde le sourire : Martin Macík. Le tenant du titre concède lui aussi de précieuses minutes. Troisième de l’étape à 21 minutes du vainqueur, il conserve néanmoins une solide 3e place au général, à un peu plus de 50 minutes de la tête. De quoi garder un mince espoir, car les prochains jours s’annoncent encore très costauds et tout peut basculer.
Aujourd’hui, place à la 9e étape avec un retour au bivouac-refuge, comme la semaine dernière. Aujourd’hui et demain, ce sont des étapes marathon : aucune assistance extérieure ne sera possible. Il faudra donc rouler avec la tête, jouer la prudence et éviter de revivre les mésaventures de la veille, sous peine de voir son Dakar s’arrêter au beau milieu de nulle part.