Le tenant du titre KO !
Aujourd’hui, grosse journée avec la première partie de la seconde étape marathon. Pour faire simple : tous les concurrents quittent le bivouac en direction d’un refuge perdu au milieu du désert, au terme d’une spéciale particulièrement exigeante.
Le soir, bivouac à l’ancienne, sans assistance : coupés de tout, en totale autonomie. Dodo sous la tente, rations de survie en guise de repas et aucune commodité aux alentours. Le Dakar, le vrai, version 2026, où il faut se débrouiller seul, entre concurrents.
Les Saint Bernard rois du désert !
Et c’est là que, une nouvelle fois, les camions entrent en scène. Élément crucial pour le service des voitures encore en course, les camions T5-2 (véhicules d’assistance engagés en course) sont le maillon fort de cette épreuve clé du rallye. Chargés de pièces de rechange, ces véritables «Saint-Bernard du désert» deviennent indispensables.
Les teams Boucou, STA, SSP, Sodicars et bien d’autres voient soudain leurs équipages devenir les hommes les plus convoités du bivouac. Robineau, Calvet, Besnard, Benbekhti, Gimbre… ces équipages qui galèrent au quotidien deviennent, en un instant, les rois du Dakar.
Avant même de parler des leaders, de ceux qui jouent la victoire, il me semblait important de rendre hommage à celles et ceux qui permettent aux autres de continuer. Merci et bravo à vous toutes et tous : sans vous, le rallye-raid n’existerait tout simplement pas.
Retour à la course
Cette 9ᵉ étape n’a pas failli à la règle : le classement général a de nouveau été bouleversé. Coup de tonnerre au kilomètre 250 : le numéro 600 est arrêté en bord de piste, capot levé. L’arrêt s’éternise. Trois minutes, cinq, dix… puis vingt, cinquante minutes, une heure, deux heures.
La sentence tombe : catastrophe pour Martin Macík, le tenant du titre. Son IVECO est bel et bien immobilisé. L’équipe parvient finalement à relancer le camion, mais le mal est fait. Le Tchèque paie clairement le prix de l’accident de la veille. Pour autant, Macík ne baisse pas les bras : il faut absolument rallier l’arrivée pour rester classé. Verdict : 33ᵉ temps de la spéciale, avec 3 h 50 de retard sur le vainqueur du jour… Alès Loprais, l’autre protagoniste de l’accident de la veille !
Incroyable retournement de situation, d’autant que juste derrière Loprais, Žala termine une nouvelle fois dans les roues de son coéquipier. Franchement, le team de Rooy démontre ici tout son savoir-faire et sa parfaite connaissance du rallye-raid. Bravo : une étape maîtrisée, qui relance totalement la course au général.
Van Den Brink en gestion
Autre fait marquant : la stratégie de Mitchel van den Brink. Comme je l’avais anticipé hier, le Néerlandais adopte une conduite de sécurité, fort de son avance au classement général. Inutile de rouler à 110 %, un bon 99 % suffit.
Il termine sur la troisième marche du podium de cette étape marathon et conserve une avance confortable de 35 minutes sur Žala au général.
Mais attention : rien n’est joué. Le Dakar ne pardonne rien et tout peut basculer très vite. Le moindre grain de sable dans la stratégie de van den Brink pourrait coûter cher, d’autant que les deux camions du team de Rooy sont en embuscade. L’étape 10 s’annonce d’ailleurs redoutable et pourrait bien être décisive.
En ce 14 janvier, date anniversaire de la disparition de Thierry Sabine, le fondateur du Dakar, une chose est sûre : l’esprit du rallye est toujours bien vivant. Et David Castera, le patron actuel de l’épreuve, en est sans aucun doute l’un des meilleurs ambassadeurs.