Milence sécurise 120 millions après son tour européen
Derrière les Volvo, Mercedes, MAN et Renault Trucks engagés sur ce corridor 100 % électrique, il y avait surtout un message politique : démontrer aux décideurs européens que le transport longue distance électrique n’est plus une promesse, mais une réalité opérationnelle.
Et visiblement, le message commence à porter ses fruits. Quelques semaines après ce “Power to Go Further Tour”, Milence vient d’annoncer avoir sécurisé un financement supplémentaire de 120 millions d’euros pour accélérer le déploiement de son réseau européen de recharge pour poids lourds électriques.
De Paris à Berlin… puis vers les marchés financiers
Lors du convoi entre Paris, Bruxelles et Berlin, Milence avait volontairement placé les infrastructures au centre du débat. Car aujourd’hui, le problème n’est plus vraiment le camion. Les constructeurs savent faire des tracteurs électriques performants. Le vrai sujet, c’est désormais le réseau de recharge.
À Bruxelles notamment, les discussions avec les élus européens avaient un objectif clair : faire comprendre que sans corridors de recharge fiables, puissants et accessibles, la transition énergétique du transport routier restera bloquée. Et le timing est intéressant. Car quelques jours après cette opération terrain, Milence annonce une avancée majeure : un consortium financier international va injecter 120 millions d’euros pour soutenir l’expansion du réseau européen.
34 stations déjà opérationnelles
Milence rappelle désormais exploiter le plus grand réseau public de recharge pour poids lourds en Europe, avec 34 stations réparties dans huit pays européens. Seize nouvelles stations sont déjà en développement et l’objectif affiché est clair : atteindre 90 stations opérationnelles d’ici fin 2028.
Le plus intéressant reste peut-être l’évolution du discours. Il y a encore deux ans, parler de recharge pour camions électriques ressemblait souvent à un pari technologique. Aujourd’hui, on parle financement, rentabilité, corridors logistiques, accès aux marchés de capitaux et modèle économique viable. Le ton change.
Le MCS devient la clé du transport longue distance
L’autre signal fort concerne le développement du MCS, le fameux Megawatt Charging System. Pendant le Paris-Berlin, plusieurs échanges avaient déjà mis en avant ce futur standard capable de faire passer la recharge dans une autre dimension. Car si un camion doit rester deux heures à la borne, le modèle économique devient compliqué.
En revanche, si l’on recharge massivement pendant une coupure réglementaire, le transport longue distance électrique commence réellement à devenir crédible. Parce qu’avec les nouvelles générations de camions annoncées par Volvo, Mercedes, MAN et les autres, capables d’accepter des puissances de recharge beaucoup plus élevées, les infrastructures deviennent l’élément clé de l’équation.
Un changement de regard sur l’électrique
Le plus intéressant dans cette opération Paris-Berlin, c’est peut-être qu’elle a permis de remettre le débat au bon endroit. Pendant des années, le camion électrique a surtout été jugé sur son autonomie. Mais la vraie question, c’est désormais la capacité à créer un réseau cohérent à l’échelle européenne. Et là-dessus, les lignes semblent bouger. Les transporteurs restent prudents, parfois sceptiques, et c’est normal. Mais les investissements arrivent. Les stations apparaissent sur les grands axes. Les constructeurs accélèrent.
Et désormais, les institutions financières elles-mêmes considèrent que la recharge poids lourds est devenue un secteur stratégique. Clairement, le message porté par Milence pendant ce road trip européen semble avoir trouvé un écho. Le camion électrique n’est plus seulement une vitrine technologique. Il devient progressivement un sujet d’infrastructure, d’économie et de souveraineté énergétique européenne à l’heure où la crise pétrolière nous frappe toujours plus fort jours après jours !