50 ans de l’ITOY – 2003 IVECO Stralis
Dix ans après le sacre de l’EuroTech en 1993, Iveco retrouvait le chemin de la victoire avec une nouvelle génération de poids lourds.
Après avoir relevé l’immense défi du renouvellement complet de sa gamme entre 1991 et 1992, les ingénieurs d’Iveco se sont appuyés sur les limites de la Single Product Range, comme elle était alors appelée, pour concevoir le Stralis. Alors que cette précédente gamme avait été lancée en commençant par les modèles les plus légers EuroCargo avant de monter progressivement en puissance, le Stralis était destiné à remplacer directement les EuroStar ainsi que les versions les plus puissantes de l’EuroTech.
À une époque où les rumeurs concernant la vente d’Iveco étaient nombreuses et où beaucoup estimaient qu’il s’agissait une nouvelle fois d’un moment décisif pour le constructeur (« make or break time »), Iveco réussit son pari grâce à une combinaison réunissant une chaîne cinématique éprouvée, une architecture électronique CAN-bus et une conception de cabine innovante.
Les moteurs Cursor 10 et Cursor 13 conformes à la norme Euro 3 étaient équipés d’injecteurs-pompes et d’un arbre à cames en tête unique, associés à un turbocompresseur à géométrie variable. Il s’agissait déjà de motorisations éprouvées sur la génération précédente. Avec le Stralis, la surface du radiateur augmentait de 23 % et celle de l’échangeur d’air (intercooler) de 21 %. Une nouvelle version de 540 ch du moteur 13 litres venait compléter la version existante de 480 ch, tandis que le 10 litres conservait ses puissances de 400 ch et 430 ch.
La version Iveco de la boîte de vitesses automatisée ZF AS-Tronic, commercialisée sous le nom EuroTronic 2, devenait la transmission de série. La version 12 rapports était associée au moteur 10 litres, tandis que la 16 rapports équipait le 13 litres. Pour les conducteurs attachés aux solutions plus traditionnelles, la boîte manuelle ZF Ecosplit à 16 rapports, dotée d’une assistance au passage des vitesses, restait disponible en option.
Bien que conservant l’ossature de cabine de l’EuroStar, le Stralis recevait 80 % de panneaux de carrosserie entièrement nouveaux, lui donnant une apparence beaucoup plus affirmée que son prédécesseur. Fait surprenant, une seule taille de cabine était proposée : une cabine de 2,50 mètres de large avec toit surélevé, dont la ligne de pavillon inclinée améliorait l’aérodynamisme. Elle reposait sur un nouveau système de suspension à quatre points, combinant coussins pneumatiques et amortisseurs.
Si cette ligne de toit réduisait légèrement la hauteur disponible à l’avant de la cabine, celle-ci offrait tout de même 1,96 mètre de hauteur intérieure devant la couchette. Les designers d’Iveco profitèrent également de cette nouvelle cabine pour introduire plusieurs aménagements innovants, notamment en supprimant le siège passager sur certaines configurations.
Baptisé « Active Space », l’aménagement intérieur était proposé selon trois concepts.
La version Enhanced Single Driver était destinée au conducteur seul et remplaçait le siège passager par un fauteuil installé contre la paroi arrière côté droit, pouvant pivoter à 90 degrés.
La version Long-Distance Single Driver proposait soit une couchette inférieure de plus grande taille, soit une couchette supérieure agrandie accompagnée d’un fauteuil et d’une table installés en dessous.
Enfin, une version Two-Driver était prévue pour les équipages à deux conducteurs. Elle conservait un siège passager suspendu pneumatiquement offrant davantage d’espace pour les jambes et pouvant lui aussi pivoter à 90 degrés.
Ces équipements, associés à la console de levier de vitesses pivotante, pouvant être écartée lorsqu’elle n’était pas utilisée, ainsi qu’au tableau de bord à écran LCD multicolore, séduisirent particulièrement les 19 membres du jury. Ceux-ci estimèrent que l’attention portée au confort du conducteur, combinée à une chaîne cinématique particulièrement aboutie, méritait largement les 102 points attribués au Stralis.
La deuxième place revint au DAF XF95 avec 50 points, tandis que le Volvo FM terminait troisième avec 44 points.
Texte original : Will Shiers Adaptation française : Fabien Calvet Photos : Richard Stanier
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