50 ans de l’ITOY – 1997 Mercedes-Benz Actros
L’édition 1997 du concours a vu Mercedes-Benz remporter un confortable troisième titre avec le très technologique Actros.
Avec le recul, l’Actros a posé les bases du camion moderne grâce à une multitude de nouvelles technologies électroniques et d’innovations techniques qui ne pouvaient qu’attirer l’attention du jury. Il a obtenu 76 voix, tandis que le Renault Premium réalisait une très belle performance avec 57 voix. Les 12 voix restantes sont revenues à Scania pour les autres déclinaisons de la Série 4, lauréate de l’édition 1996.
Le projet Actros est né en principe en 1990, lorsqu’il est devenu évident que la cabine dérivée de la gamme NG de 1973 avait atteint les limites de son potentiel. Le développement complet débuta en 1992. Avec un investissement de 780 millions de livres sterling, le projet affichait des ambitions considérables et concernait tous les aspects de la gamme, donnant naissance à de nouveaux moteurs, une nouvelle transmission, un nouveau système de freinage et une architecture électronique « Telligent », en plus des nouvelles cabines.
Le cahier des charges prévoyait également de réduire de près de 75 % le nombre de pièces composant l’ensemble de la gamme de camions, permettant ainsi au constructeur de réaliser des économies d’échelle afin d’offrir davantage de valeur aux transporteurs sur un marché très sensible aux prix. Des véhicules plus légers ainsi que des intervalles d’entretien plus espacés – jusqu’à 120 000 km pour certaines applications – furent également intégrés au projet afin de renforcer sa compétitivité.
Deux nouveaux moteurs furent introduits : le V6 OM501LA de 12 litres, disponible en versions de 313 ch, 354 ch, 394 ch ou 428 ch, ainsi que le V8 OM502LA de 16 litres, développant 476 ch, 530 ch ou 571 ch. Ces nouveaux moteurs étaient équipés d’un système d’injection unitaire et d’un frein moteur nettement amélioré. Le V6 offrait un gain de poids important par rapport à son prédécesseur à huit cylindres, tandis que le nouveau V8, suffisamment compact, permettait l’adoption d’un plancher plat dans la cabine.
Le nouveau système de changement de vitesses Telligent équipait la boîte Mercedes à 16 rapports sous deux versions différentes. La commande standard utilisait un levier court que l’on poussait vers l’avant ou vers l’arrière pour sélectionner les rapports, avec un interrupteur destiné aux demi-vitesses. Cette version conservait une pédale d’embrayage, tandis que le système Telligent Automatic permettait de changer les vitesses sans embrayage, tout en conservant une pédale d’urgence rabattable.
Des freins à disque à commande électronique étaient montés de série sur tous les essieux, une première pour un constructeur, offrant des distances de freinage nettement meilleures que celles obtenues avec des freins à disque non pilotés électroniquement. Une nouvelle suspension pneumatique arrière à quatre coussins, plus légère, était également montée de série et bénéficiait elle aussi d’une gestion électronique avec mise à niveau automatique.
Les nouvelles cabines affichaient une largeur de 2,50 mètres et offraient un gain d’espace considérable par rapport aux précédents modèles SK. Disponibles en versions cabine de jour, couchette standard ou couchette à toit surélevé, elles reprenaient intelligemment le principe modulaire en y ajoutant la célèbre version MegaSpace à plancher plat. L’accès à bord, les informations fournies au conducteur par le tableau de bord ainsi que les espaces de rangement furent unanimement considérés comme de véritables progrès. En revanche, le tissu des sièges – un curieux mélange de rouge, de bleu et de violet rappelant les années 1980 – suscita quelques interrogations.
La coordination des 26 sous-systèmes électroniques était assurée par le propre réseau de communication CANbus (Control Area Network) de Mercedes, dont l’appellation Telligent associait les notions de télécommunications et d’intelligence.
Avec l’Actros, le transport routier est véritablement entré dans le XXIᵉ siècle, et les jurés de l’International Truck of the Year allaient encore entendre parler pendant longtemps de cette icône allemande.
Texte original : Will Shiers Adaptation française : Fabien Calvet Photos : Richard Stanier
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