Dakar 2026 – Bilan
Partie 1 : Une première semaine explosive (étapes 1 à 6)
Dès les premiers kilomètres autour de Yanbu, la catégorie camions a donné le ton : intensité maximale et écarts infimes. La victoire inaugurale d’Alès Loprais a immédiatement placé les IVECO du team de Rooy au centre du jeu, mais la réponse ne s’est pas fait attendre.
Dès l’étape 2, Gert Huzink et le clan MKR – Renault Trucks créent la surprise, confirmant que cette édition 2026 ne serait pas un duel à sens unique.
Au fil des étapes, un constat s’impose : IVECO domine en nombre, mais la concurrence reste féroce. Mitchel van den Brink, impressionnant de maturité malgré son jeune âge, prend rapidement les commandes du classement général, tandis que Martin Macík, tenant du titre, adopte une stratégie patiente, fidèle à l’école des grands vainqueurs du Dakar.
L’étape 3 autour d’AlUla confirme la tendance : les IVECO monopolisent les avant-postes, mais les écarts restent extrêmement serrés. La première étape marathon (étapes 4 et 5) marque un tournant. Sans assistance, la fiabilité devient reine. Macík frappe un grand coup en s’imposant et en prenant la tête du général, pendant que certains outsiders voient leurs espoirs s’envoler à cause de la mécanique.
La 6ᵉ étape, la plus longue du rallye, redistribue une nouvelle fois les cartes. Dans les dunes saoudiennes, Alès Loprais s’impose avec intelligence, tandis que Mitchel van den Brink reprend la tête du général. Derrière, Macík concède un retard important, preuve que ce Dakar 2026 ne pardonne rien.
À la veille de la journée de repos, une certitude : tout reste ouvert. Les leaders se tiennent en quelques dizaines de minutes et la seconde semaine s’annonce décisive.
Partie 2 : Une seconde semaine sous haute tension (étapes 7 à 13)
Après la journée de repos, le Dakar entre dans sa phase la plus cruelle : celle où la stratégie prime autant que la vitesse. La deuxième étape marathon bouleverse définitivement la hiérarchie. Longtemps leader, Mitchel van den Brink voit ses espoirs de victoire s’effondrer suite à une casse d’arbre de transmission. Un coup dur qui rappelle que le Dakar se gagne en équipe… et se perd parfois sur un simple composant mécanique.
Le team de Rooy prend alors la main. Vaidotas Žala, d’une régularité exemplaire, s’installe en tête du classement général, pendant qu’Alès Loprais joue les équipiers modèles tout en restant en embuscade. Derrière eux, la bataille reste intense : Buggyra retrouve le sourire avec Soltys, Macík se bat jusqu’au bout malgré une course semée d’embûches, et les camions MKR alternent coups d’éclat et frustrations mécaniques.
Les dernières étapes sont marquées par des gestes forts, à l’image de Žala s’arrêtant pour aider Loprais après un tonneau, symbole de l’esprit Dakar. Sportivement, la hiérarchie ne bouge plus, mais la pression reste maximale jusqu’à la 13ᵉ et dernière étape.
À l’arrivée, le verdict tombe :
Vaidotas Žala remporte le Dakar 2026, pour seulement sa deuxième participation en camion. Une victoire construite sur la discipline, la gestion et la régularité, avec seulement deux minutes de pénalité sur l’ensemble du rallye. Alès Loprais termine une nouvelle fois deuxième, frustré mais remarquable, tandis que Mitchel van den Brink complète le podium après un Dakar impressionnant de maturité.
Le tenant du titre Martin Macík échoue au pied du podium, quatrième, dans ce qui restera l’une des éditions les plus relevées de ces dernières années.
Conclusion TruckStop
Le Dakar 2026 aura rappelé une vérité immuable :
La catégorie camions est sans doute la plus exigeante du rallye. Puissance, navigation, mécanique, entraide et stratégie s’y mêlent dans un équilibre précaire.
Des leaders, des rebondissements, des héros discrets notamment les camions d’assistance et un vainqueur exemplaire.
Un Dakar de très haut niveau, qui laisse déjà entrevoir une édition 2027 explosive.
À très vite pour de nouvelles compétitions ! Vous l’aurez compris, le sport fait pleinement partie de l’ADN de TruckStop, et ce n’est que le début.
Texte : Fabien Calvet Photos ASO - DPPI